Randonnée à pied et en voiture
Repas tiré du sac
Contact : JV 06 33 06 62 32
Covoiturage : RV1 :10 € par personne (y compris déplacements sur place)
Programme:
Matin
-présentation régionale au belvédère de Miremont (point de ralliement final des participants). Panorama à 360° depuis la plateforme suspendue. Place et signification des calcaires de Bidache dans la géologie régionale.
- visite de l’entreprise Pierres et Traditions de David Petrissans tailleur de pierres à Bidache. Visite commentée de la carrière (réouverte et agrandie depuis 2017 avec une autorisation d’exploitation de 30 ans). Caractéristiques géologiques ; méthode d’exploitation ; différences au sein de la catégorie « pierre de taille » (uniforme, avec ou sans inclusion de silex…). Commercialisation, exportation.
Après-midi : impact économique et patrimonial de la pierre de Bidache
- visite du bourg de Bidache à la découverte du patrimoine bâti (maisons, église, fontaine,…)
- découverte du port de Bidache d’où étaient expédiées les pierres de Bidache ! Toutes les carrières de la principauté de Gramont étaient voisines de la Bidouze : les pierres passaient de la Bidouze au fleuve Adour sur les berges duquel divers ports les attendent ! Destinations locales mais aussi internationales : Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe
- 16h visite guidée (par l’Office de Tourisme) du château de Gramont . 3€/personne
Date limite pour l'inscription : mercredi 10 novembre
Nombre maximum de participants : 25
Voir le livret-guide
Compte-rendu de la sortie :
Temps maussade et quelque peu frisquet au pied du château d'eau-belvédère de Miremont. Une fois atteinte la plate-forme d'observation, nous devons puiser au plus profond des ressources de notre imagination pour nous représenter le panorama que certains décrivent comme exceptionnel par beau temps. Jean-Marie prend un malin plaisir à choisir précisément ce lieu exposé aux intempéries pour nous exposer le pays charnègue, son histoire, sa géologie, ses carrières.
J'apprends ainsi avec stupéfaction qu'il existe un territoire défini en négatif : ni basque, ni béarnais, ni gascon. J'apprends aussi qu'il est désormais inclus dans la communauté d'agglomération du pays Basque, sans laquelle le Pays Basque en France n'existerait tout simplement pas au regard de l'administration, et dans laquelle le gascon est une langue officielle au côté du basque.
En route pour Bidache où nous nous regroupons dans quelques voitures pour rejoindre à Came la dernière carrière exploitant encore la mythique pierre de Bidache.
Chaleureux accueil de David Petrissans, qui nous dépeint avec passion son métier issu des traditions charnègues : la pierre extraite à proximité de la Bidouze et du Lihoury transportée jusqu'à Bayonne au gré des marées.
Nous gravissons la butte pour laquelle il a réussi à obtenir une concession d'exploitation de 30 ans, moyennant un gros emprunt et un parcours du combattant administratif.
Arrêt au bout du chemin. Il se retourne : nous y sommes. Je me frotte les yeux, je scrute et réussis enfin à distinguer un minuscule front de taille.
En réalité, la carrière est sous nos pieds : reste non encore exploité entre deux anciennes carrières comblées par du remblai marneux.
David explique qu'une conjonction d'interdiction d'exploiter le chemin communal et d'erreurs jadis commises par un géomètre sur le véritable tracé dudit chemin a créé l'opportunité d'y extraire encore la précieuse pierre.
A ne surtout pas confondre avec pierre précieuse : il s'agit juste d'un flysch Crétacé supérieur dont le débit naturel des bancs permet de choisir l'usage de chaque bloc en fonction de son épaisseur : dallage, moellon, rarement sculpture, récemment parement décoratif pour murs en béton, et éventuellement granulat pour le reste.
Débat sur l'origine des lits sombres de silex, signature de la pierre de Bidache et pourtant enfer des disques abrasifs.
En bas à l'atelier nous découvrons que David est aussi (et surtout) tailleur de pierres et marbrier, échappant ainsi à la tradition séculaire qui voulait que la Charnéguie exporte exclusivement de la matière première brute.
Retour à Bidache par le moulin de Roby derrière lequel un ancien front de taille laisse apparaître non pas les pendages, mais juste des pendages apparents : en 2D on ne peut rien voir de plus, merci Jean-Marie.
Pause repas sur la place avant la visite du château.
Maintenant, il ne sera plus question que des Gramont, depuis des temps immémoriaux seigneurs de Bidache qui y ont délaissé un château en ruine aux bons soins des contribuables locaux.
Ruines impressionnantes de bâtiments hétéroclites au gré des transformations et ajouts successifs : notre imagination remplit avec bonheur les vides de cette carcasse.
On y voit aussi que la pierre de Bidache était destinée à être dissimulée par un crépi dont les vestiges révèlent des dessins de fausses pierres de taille.
Un petit tour dans le village où nous voyons aussi bien des murs décrépis - c'est la mode - (mais néanmoins absolument pas décrépits), et de beaux murs crépis blancs dans le style basque.
Dernière étape au port de Bidache et son plan incliné avec un système de cales à gradins, pratique pour s'adapter aux marées. Les courants de marée qui arrivent jusqu'ici étaient mis à profit par les galupes pour naviguer dans un sens comme dans l'autre jusqu'à Bayonne : en gros 3 jours par étapes de 6h (eh non, jamais une marée montante ou descendante n'a duré 3 jours !)
Et c'est sous un petit soleil que se sépare notre groupe sympathique, après avoir fait le plein, au cours de cette journée, de connaissances parfois surprenantes et pas seulement dans le domaine de la géologie.
|